Rapport Développement Durable 2025
Monsieur le Maire, mes chers collègues,
Nous examinons aujourd’hui le rapport « Développement durable » de la Ville de Saint-Étienne pour l’année 2025. Bien qu’obligatoire, ce rapport doit avant tout être un moment clé où nous pouvons répondre à une seule question : sommes-nous à la hauteur de l’urgence climatique, sociale et démocratique ?
En comparant les rapports 2024 et 2025, nous ne constatons aucun véritable changement de cap. Les actions présentées dans le rapport 2025 s’inscrivent dans la continuité de celles de 2024 : un peu de saupoudrage, quelques réorientations légères, mais rarement un renforcement réel.
Le registre employé dans le rapport 2025 apparaît plus général, plus réservé, là où celui de 2024 affichait un ton plus volontariste et plus proche des préoccupations de la ville.
L’urgence est reconnue, mais elle ne structure pas les politiques municipales.
Depuis 2020, mon collègue Jean Duverger demande une réelle évaluation des politiques publiques, avec des indicateurs fiables. Or, aucune trajectoire de réduction des émissions de gaz à effet de serre n’est mentionnée, aucun objectif chiffré et daté compatible avec l’Accord de Paris.
Sans hiérarchisation, sans priorisation, il n’y a pas de stratégie climatique crédible.
Nous constatons un quasi statu quo, reposant sur des projets déjà engagés. Aucun objectif de réduction de la place de la voiture, aucun calendrier contraignant, aucune réflexion sur la justice sociale dans les mobilités.
Tout au long du mandat, les Écologistes ont défendu une ligne claire : sortir du tout-voiture et construire une ville pensée pour les mobilités actives, notamment par la piétonisation.
Le rapport révèle un manque criant de moyens et d’objectifs. Pas d’objectifs annuels de rénovation du patrimoine municipal, pas de plan massif articulé à la lutte contre la précarité énergétique, pas d’accélération entre 2024 et 2025, alors même que la crise énergétique frappe durement les ménages.
Pour nous, la transition énergétique doit être une politique d’investissement prioritaire.
La biodiversité est traitée sous l’angle de la gestion des espaces existants et du cadre de vie. Mais aucune stratégie ambitieuse de renaturation n’est proposée. Pas d’objectifs forts de désimperméabilisation, pas de plan global pour faire face aux îlots de chaleur.
Concernant l’orientation « Cohésion sociale, solidarités, accessibilités, lutte contre les discriminations », l’égalité femmes-hommes reste déconnectée des politiques climatiques, alors que nous savons que les crises environnementales frappent d’abord les plus précaires, et en particulier les femmes.
Tout au long du mandat, nous l’avons dit : vous consultez, mais vous décidez seuls.
La concertation est mise en avant, mais elle ne peut être durablement menée sans l’implication réelle des habitantes et des habitants.
Vous allez probablement nous répondre :
- La ville en fait déjà beaucoup. Mais éteindre un incendie avec un verre d’eau n’est pas efficace.
- Les contraintes budgétaires nous obligent à la prudence. Mais le coût de l’inaction sera bien supérieur à celui d’engager réellement la transition écologique, sociale et démocratique.
- Vous consultez largement, en vous appuyant sur le nombre de réunions publiques et de concertations depuis 2014. Mais concerter n’est pas co-construire : les Stéphanois et Stéphanoises doivent pouvoir être acteurs et actrices des décisions.
D’autres exemples pourraient nous être opposés, mais pour le groupe Le Temps de l’écologie, la question reste simple : face à l’urgence climatique, Saint-Étienne agit-elle à la hauteur ?
Aujourd’hui, la réponse est non.
Je vous remercie.
Danielle Teil, conseillère municipale écologiste

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