PdM

Conseil municipal du 30 juin 2025 –
Plan de mobilité
Julie Tokhi

La mise en œuvre du Plan de Mobilités devrait permettre d’améliorer la qualité des mobilités sur le territoire de Saint-Étienne Métropole. On peut se demander si cela sera suffisant pour répondre aux enjeux actuels et à venir. Vous nous soumettez aujourd’hui l’avis émis par la Ville de Saint-Etienne suite à la consultation de ce Plan.

Force est de constater que nous n’avons pas la même vision que vous et votre majorité. Comme quoi, il ne suffit pas de s’affubler d’une écharpe verte pour être écologiste.

Dans l’un des 7 avis, vous jugez utile d’insister sur la “nécessité de mener les actions inscrites dans le

PDM de façon équilibrée sans privilégier un mode aux dépens d’un autre.”

Il faudrait que vous nous expliquiez à quoi vous faîtes allusion. Parce que vu la part belle faite à la voiture pendant la totalité de vos mandats, et ce dès 2014, il y aurait bien du travail à faire pour rééquilibrer. Saint-Etienne n’est pas suffisamment accueillante pour les modes de transport actifs, en particulier la marche. C’est pourtant, et de loin, le mode de déplacement le plus utilisé par les habitantes et les habitants, puisque près de la moitié des déplacements se font à pied à Saint-Etienne.

Autre avis : vous approuvez la création de parking de type P+R, permettant de déposer son véhicule motorisé en entrée de ville et de poursuivre son itinéraire en transports en commun. Nous pourrions être d’accord, mais l’implantation de ce type de parking impose une offre qualitative de transports en commun à proximité immédiate. A Sainté, on le sait toutes et tous, le tram est roi. 

Nous nous inquiétons du projet présenté dans ce Plan de Mobilité, qui prévoit le prolongement de la ligne T3 jusqu’au quartier Monthieu. Bien sûr, relier l’entrée de ville Est et les quartiers est intéressant. Mais cette ligne relierait aussi la zone commerciale Monthieu-Steel. Est-ce vraiment une bonne nouvelle pour le commerce en centre ville ? Cette ligne ne permettrait pas seulement d’accéder au centre ville, mais aussi d’accéder à cette immense zone commerciale, qui n’est pas étrangère à la perte de chiffre d’affaires de nombreux commerces en centre-ville. 

Enfin, nous pensons qu’il faut aller plus loin concernant la piétonnisation, et surtout, suivre les recommandations étayées par les associations d’usagers qui se sont pleinement investies, ensemble, pour proposer des solutions innovantes.

Pour notre part, nous regrettons qu’il n’y ait pas plus de propositions concrètes pour le covoiturage, qui a fait ses preuves dans d’autres métropoles comme Grenoble ou Lyon. La création de voies réservées au covoiturage pourrait considérablement limiter l’autosolisme, surtout en période de crise énergétique.

Autre point : pour fluidifier le trafic, il est envisagé d’homogénéiser les vitesses limites, de développer les vitesses régulées. On aurait pu faire le choix d’évoluer vers des vitesses contrôlées et variables selon l’encombrement. A Lyon, les résultats sont là : c’est 30 % d’encombrements en moins.

En ce qui concerne le réseau routier, nous attirons l’attention sur le projet d’un anneau de rocade plus performant. Quel en sera l’impact sur les riverains ? Pas sûre que ce soit le cas quand le projet consiste en des 2 x2 voies, des échangeurs ou de l’information dynamique. Il ne s’agit pas seulement d’améliorer la fluidité pour les automobilistes, mais aussi de respecter la qualité de vie des habitants. 

Concernant la qualité de l’air et le bruit justement, le rapport indique que la population exposée à des niveaux élevés se trouve principalement à proximité des infrastructures routières, les entrées de ville… A Saint-Étienne, les 3 petits points, c’est le Cours Fauriel, le boulevard Fauriat, le boulevard urbain, la Grande Rue au niveau de Charcot ou de Bergson. Ce Plan de Mobilités s’intéresse trop peu à la réduction de cette pollution sonore et atmosphérique. Nous devons agir concrètement pour limiter ces nuisances et améliorer le quotidien des riverains.

Nous pensons que le Plan de Mobilités doit aller au-delà de simples ajustements. Il faut une politique plus ambitieuse. Nous devons accélérer les efforts pour offrir aux habitantes et aux habitants des alternatives crédibles et accessibles. Nous devons repenser nos modes de déplacement, favoriser le vélo, le train, le covoiturage, réduire la dépendance à la voiture individuelle et accompagner cette transformation en cours.

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