Conseil de Saint-Etienne Métropole
2 octobre 2025
Gestion des déchets
Malgré les efforts fournis par la collectivité mais aussi par les habitantes et les habitants, on produit toujours plus de déchets. La bonne nouvelle, c’est qu’on enfouit de moins en moins. Et ça, il faut le souligner, c’est le fruit d’un gros travail mené par le service de gestion des déchets de SEM. J’ai déjà eu l’occasion de le dire ici-même, pendant ce mandat, de grandes avancées ont eu lieu. Enfin ! devrait-on dire. Car il faut le dire aussi, la gestion des déchets à SEM a été pendant trop longtemps reléguée au deuxième plan. On a délibérément choisi, pendant des décennies, de mettre nos déchets sous le tapis de Borde-Matin. Dans notre inaction passée, le point positif aura été qu’on n’a pas fait de choix. Dans d’autres intercommunalités, des choix ont été faits, et ont entraîné des frais conséquents pour ce qui paraissait, à l’époque, une bonne solution. Je pense par exemple au Tri-Mécano-Biologique, sur lequel Saint-Etienne Métropole a bien failli miser. Ouf ! Nous ne l’avons pas fait, alors qu’aujourd’hui, le recul permet de comprendre qu’il s’agissait d’une fausse bonne idée. En effet, le compost produit par le biais de ces installations est de piètre qualité, voire dangereux pour l’environnement, puisqu’il comporte de fortes quantités de plastique, de métal et autres substances pas très bonnes pour les plantations, vous en conviendrez.
Bref, sous ce mandat, nous aurons vu des chantiers essentiels : agrandissement et modernisation du centre de tri sélectif (que j’invite chacun et chacune à aller visiter, c’est gratuit et passionnant), collecte des déchets alimentaires au plus près des habitantes et des habitants, réorganisation des déchetteries. Sur ce point, je partage le point de vue du Vice-Président à la gestion des déchets, il fallait agir. L’amélioration des conditions de travail des agents des déchetteries étaient, me semble-t-il, au cœur de la réflexion, avec l’adaptation des horaires, la réorganisation permettant aux agents de ne pas être seul sur site. Malheureusement, il faut l’assumer aujourd’hui, la mise en place du QR code était une fausse bonne idée. Il était prévu de faire le bilan après 1 an de mise en œuvre, on y est. L’obtention du sésame permettant de montrer patte blanche à l’entrée des déchetteries est beaucoup trop complexe. Surtout, elle nécessite un minimum de maîtrise de l’outil informatique, et même avec ça, ça ne fonctionne pas toujours. Nous avons toutes et tous eu des retours mécontents des habitantes et des habitants. Il faut donc se rendre à l’évidence : ça ne fonctionne pas. J’ose espérer que M. le Vice-Président en charge des Déchets et les services ne vont pas s’entêter et s’efforcer de revenir à un fonctionnement plus fluide, plus simple, moins repoussant.
Je le dis et le redis, le fait que le coût de la gestion des déchets soit inférieur à Saint-Etienne Métropole que sur le reste du territoire n’est pas une bonne nouvelle. Il est nécessaire de continuer à investir, on n’a pris trop de retard par le passé. Mais attention là aussi : ne nous lançons pas dans des investissements irréfléchis ! Il est urgent d’agir, certes. Mais il est tout aussi urgent de réfléchir à très long terme, surtout lorsqu’on évoque des investissements de plusieurs centaines de milliers d’€, sur 30 ans.
Vous l’aurez compris, je parle du projet d’incinérateur. Je suis bien consciente que les incinérateurs d’aujourd’hui ne sont pas les incinérateurs d’hier. Mais nous devons nous assurer que le choix qui va être fait sera pertinent pour les générations futures. Ce projet pharaonique nécessite d’être bien étudié en amont, d’assurer des tests poussés sur les pollutions en résultant (car ne nous méprenons pas, un incinérateur génère forcément des pollutions). Est-ce que la solution d’un grand incinérateur est la bonne solution ? Est-ce juste de concentrer sur un seul et même lieu les émanations produites par les déchets de 5 intercommunalités, soit 228 communes, et 634.000 habitants au total ? Est-ce optimisé d’acheminer par camion les déchets de communes situées à plusieurs dizaines de km de là ? Est-ce pertinent de baser les études de faisabilité sur les tonnages produits actuellement, alors que nous ne sommes qu’au début de la réduction de la production de déchets ménagers ? Est-ce que demain, la valorisation énergétique de proximité, à plus petite échelle, ne sera pas la vraie bonne idée ?
Une nouvelle fois, ne prenons pas de décision trop hâtive. Prenons le temps des études, prenons le temps de confronter les résultats, d’envisager toutes les options, de confronter les idées, et surtout d’échanger avec la population. Prenons le temps de créer des espaces de discussions entre experts, décideurs et usagers. Car on pourrait être surpris, ils pourraient avoir de bonnes idées !
Julie Tokhi, conseillère écologiste métropolitaine