Conseil municipal du 19 décembre 2025 – Rapport de la Ville de Saint-Etienne sur la situation en matière d’égalité  entre les femmes et les hommes 2024-2025

Rapport de la Ville de Saint-Etienne sur la situation en matière d’égalité entre les femmes et les hommes 2024-2025

 

 

On vient d’avoir une présentation du rapport sur la situation en matière d’égalité entre les femmes et les hommes. C’est une disposition obligatoire. Donc nous avons droit à 40 pages de communication. Mais la présentation soignée n’arrive pas à cacher les lacunes de la politique que la majorité municipale aurait dû mettre en place depuis bientôt 12 ans.

Heureusement, les services municipaux et les associations font un travail formidable au quotidien. Ce qui manque malheureusement, c’est une vision globale pour agir concrètement pour la réduction des inégalités entre les femmes et les hommes à travers la ville.

Une succession d’actions, aussi pertinentes soient elles, ne peut répondre efficacement à cette problématique cruciale. Les droits des femmes ont avancé, il faut aller plus loin et mettre en place une politique globale et volontariste. Pas d’objectif clair, pas d’indicateurs, pas de retour critique.

Valorisation des actions menées par les associations stéphanoises, même si son activité n’est pas dirigée spécifiquement vers les femmes. Si des femmes ont été concernées, bingo, un encart dans le rapport. On se félicite quand 43% de femmes ont participé à un dispositif. Quand un peu plus de la moitié des être humains sont des femmes, étonnant, non ?

En 40 pages de rapport, certaines actions sont même valorisées 2 fois… Peut-être manquiez-vous d’actions à valoriser ?

L’adhésion au dispositif Angela reste une démarche volontaire de la part des commerçants. Mais que fait la ville pour multiplier le nombre de lieux refuge ? La ville n’est pas assez volontaire, pour aller vers les commerçants, les sensibiliser à ce fléau qu’est le harcèlement de rue et les engager dans cette démarche louable.

Concernant l’application Sorority : quelle promotion ? En cas d’agression, il faut un système réellement connu de toutes et utilisable facilement. Quel retour aujourd’hui ? Combien d’utilisatrices ? La pertinence de ce dispositif dépend directement du nombre de femmes connectées, et donc de sa promotion large.

Si vous manquiez d’idées concrètes, je vais vous en donner 2. Elles pourront vous paraître anecdotiques, mais je suis sûre que mes collègues féminines comprendront qu’elles ne le sont pas. 

L’accès à l’hygiène féminine devrait aussi être une priorité. Je prends l’exemple des toilettes publiques sur notre commune. Nombreuses sont celles qui ne fonctionnent plus depuis des semaines, voire des mois. Ne serait-ce que celles les plus proches d’ici : sous les arcades de l’hôtel de ville.  Celles qui sont accessibles aux handicapés, et présentent ainsi un espace plus facile pour les plus jeunes enfants ayant besoin d’être accompagnés, sont hors services depuis  des semaines, alors que la fréquentation est à son comble en cette période de fin d’année, alors que le marché de Noël bat son plein.

Enfin, nous pourrions mettre en place des distributeurs de protections hygiéniques gratuites dans des lieux publics stratégiques. De nombreuses villes, comme Annecy, le font avec succès. La précarité menstruelle est une question de santé publique, notre collectivité doit prendre part à ce combat.

Quel dommage que cette problématique, l’égalité entre les femmes et les hommes, n’ait pas été votre priorité.

Julie Tokhi, conseillère municipale écologiste

En savoir plus sur Groupe Écologistes et Social des élu·es de Saint-Étienne

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture