Conseil municipal du 21 septembre 2026
Débat sur l’éthique et la transparence
Intervention de Julie Tokhi et Jean Duverger
Mesdames et messieurs les élu·es, Stéphanoises, Stéphanois
Ce n’est pas la première fois que nous parlons d’éthique et de transparence dans cette assemblée, au sein de cette même salle.
Nous en avons parlé souvent au précédent mandat. Et des pratiques contraires à l’éthique, contraires à la déontologie, contraires à la transparence, et même illégales, il y en a eu. Le Maire de l’époque, son directeur de cabinet et quelques comparses ont été jugés et emprisonnés pour cela.
La justice est passée, par 2 fois, et je ne vais pas commenter le verdict.
Mais après tout ce qui s’est passé, il nous faut désormais travailler dur pour redorer l’image de Saint-Étienne. Son image a été salie.
Il nous faut également travailler dur pour rétablir la confiance des Stéphanoises et des Stéphanois envers leurs élu·es. Nous l’avons dit et redit, et les citoyens et citoyennes l’ont confirmé dans les urnes : nous ne devons plus vivre ce qui a été vécu.
Élu·es, agents, usagers, tous ceux et celles qui l’ont approchée durant le mandat précédent peuvent le dire : le fonctionnement de la Mairie était anormal.
Un management violent, toxique, était de rigueur. Le fonctionnement normal d’une Mairie, ce n’est pas l’intimidation, la colère, l’opacité des décisions, la concentration du pouvoir et le despotisme. Tout cela est dangereux. La Ville et ses habitantes, ses habitants, en ont fait les frais.
Il nous faut maintenant basculer dans un autre système, avec un autre fonctionnement.
Quelques exemples, plus que symboliques :
- Ce qui était auparavant le « cabinet du Maire » est désormais le « Cabinet des élu·es« .
- La réserve du Maire, qui consistait en une ligne budgétaire dont pouvait disposer un seul homme à sa guise, n’est plus.
- Les décisions se prennent désormais au consensus, ce qui demande plus de temps certes, mais qui garantit une décision collective, bien loin de l’arbitraire.
Aujourd’hui notre mission est claire, et c’est un vrai défi collectif : remettre de la normalité, de la confiance, de la transparence entre les élu·es, les agentes et les agents, les habitantes et les habitants. Nous en prenons l’engagement devant vous ce matin.
Je vous remercie et laisse la parole à Jean Duverger.
Merci Madame la première adjointe.
Le moyen essentiel de l’éthique c’est la transparence. L’évaluation en s’appuyant sur six piliers majeurs peut y contribuer grandement.
En voici la liste :
- La redevabilité, rend compte de l’utilisation de l’argent public, c’est un devoir.
- La connaissance, une arme contre la désinformation.
- La démonstration de l’impact, met en évidence les effets réels d’une politique.
- Une boussole, dans l’incertitude d’un monde complexe, elle permet de rectifier les trajectoires.
- Un levier pour accompagner le changement. Il aide à structurer les politiques et à faire évoluer les pratiques.
- Un outil de dialogue citoyen, il donne à toutes et tous les moyens de participer, en toute connaissance de cause au débat public.
Notre équipe municipale met en place cette démarche conformément à nos engagements.
Cela permettra de rendre compte de nos actions, à toutes et tous, mais surtout de nous doter d’un outils précieux de pilotage. L’évaluation donne les moyens de savoir si on continue comme prévu, si on modifie ou même, si on abandonne une initiative.
Ce n’est pas un contrôle de gestion que nous le mettons en place, lui intervient a posteriori. Cette démarche accompagne une politique, pour l’adapter à la réalité du terrain. Elle identifie les difficultés mais aussi les réussites de ceux qui au quotidien la mette en œuvre.
Les citoyennes et les citoyens demandent à connaître quel usage est fait par les élus qui les représentent des deniers publics. C’est légitime, il faut qu’ils aient un niveau d’information fiable et efficace. L’évaluation leur donnera.
Mais ce n’est pas une fin en soi. Elle doit se déployer au sein des services, en liaison étroite avec les agents municipaux . Elle valorisera leurs initiatives et leur expérience. De nombreuses villes se sont déjà engagées dans cette démarche, je pense à Lille, Nantes, Rennes ou Lyon avec des bénéfices tangibles.
L’évaluation quand elle se décline avec bon sens et pertinence est un outil qui donne à comprendre, à voir, à connaître. L’éclairage que cela procure élimine les zones d’ombre où souvent prospère un criant manque d’éthique.
Je vous remercie.
Seul le prononcé fait foi.
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