Conseil Municipal du 20 avril 2026
– Débat : commerce de proximité : état des lieux et perspectives –
Intervention d’Olivier Longeon, conseiller municipal délégué au design et au plan façade, 6e Vice-Président chargé de l’urbanisme à Saint-Étienne Métropole
M. le Maire, chers collègues, permettez-nous d’abord de saluer le travail quotidien des commerçantes et des commerçants stéphanois, parce que c’est bien de parler de commerce, mais sans eux, on ne pourrait malheureusement pas en parler.
Leur engagement, leur résilience, leur créativité sont des piliers de la vie économique et sociale de notre ville. Ils animent nos quartiers, ils créent du lien. Souvent, ils maintiennent une offre de proximité indispensable aux Stéphanoises et aux Stéphanois.
Merci à elles et à eux.
À ce titre, d’ailleurs, avec les fermetures récentes, nous ne pouvons que souligner que les commerçants locaux, eux, ils partent moins vite de nos centres-villes, de nos quartiers que les grandes enseignes, qui sont, elles, uniquement boostées, poussées par leurs chiffres d’affaires nationaux.
Saint-Étienne, comme tant d’autres villes françaises, subit les conséquences de 40 à 50 ans de politiques de déménagement du territoire qui ont favorisé l’étalement urbain et le déménagement des commerces en périphérie.
Ce modèle était très consommateur d’espaces naturels, d’espaces agricoles, d’énergie. Il a aussi un coût pour celles et ceux qui ont été poussés à vivre loin du centre-ville, les temps de transport, les budgets essence et isolement.
Pourtant, des villes ont agi différemment.
Toutes n’ont pas le même style que nous.
À Copenhague, par exemple, la municipalité a limité la construction des grands centres commerciaux en périphérie et misé sur la revitalisation des quartiers centraux avec des rues piétonnes, des places animées, des commerces de proximité. Résultat : le centre-ville est aujourd’hui l’un des plus dynamique d’Europe avec une fréquentation en hausse constante.
En Angleterre, les centres commerciaux périphériques n’ont pas utilisé les grandes enseignes publicités tapageuses que nous voyons aujourd’hui et qui abîment nos paysages.
Les Stéphanois aiment marcher, faire leur course en ville, utiliser leur tram. Nous allons leur donner les moyens de l’aimer encore plus.
Cela passera par un partage des mobilités ambitieux qui favorise le partage de la voirie et des mobilités douces. Rappelons que le stationnement gratuit tous les week-ends n’a surtout attiré que des voitures ventouses et pas des voitures de clients pour les commerces du centre-ville.
À Gand, par exemple, en Belgique, la ville a transformé son centre en une vaste zone de circulation apaisée avec des rues réservées aux piétons, aux vélos, aux transports en commun. Les commerçants y ont vu leur chiffre d’affaires augmenter car les clients viennent plus facilement et restent plus longtemps.
Quand on pense commerce, à Saint-Étienne comme ailleurs, on visualise tout de suite les rez-de-chaussée vacants de notre centre-ville et de tous nos quartiers.
Imaginons aussi des rez-de-chaussée actifs, des commerces, mais aussi des services qui apportent de la vie, de la diversité dans tous les quartiers.
On peut même imaginer des parkings à vélo comme cela a été fait au pied du Crêt de Roch, peut-être des toilettes publiques en centre-ville et dans différents quartiers, des espaces de livraison mutualisés, des points de tri, des points peut-être de rassemblement et d’attente pour les distributeurs de commandes à distance. Je ne cite pas les noms des sociétés.
À Fribourg-en-Brisgau, en Allemagne, le quartier Vauban intègre ainsi tous ses services dans chaque immeuble, ce qui rend la vie quotidienne plus simple et plus durable.
Les rez-de-chaussée stéphanois peuvent aussi accueillir des associations, des artisans, des lieux de service à la population.
Ces forces vives sont essentielles pour une ville inclusive et dynamique que nous voulons.
À Lyon le projet Vitrine Solidaire a permis à des associations de s’installer dans des locaux vacants, offrant ainsi des services de proximité tout en redynamisant les rues.
Notre centre-ville doit être un lieu de fraîcheur, de verdure, d’eau, un espace où l’on a envie de flâner, de consommer, de se rencontrer. Le plan façade était une première étape, mais il faut aller plus loin.
Végétalisation, îlots de fraîcheur, espaces publics repensés.
À Barcelone, cela a été fait notamment dans le cadre de l’opération des super-îlots qui ont permis de réduire la place de la voiture, de créer des espaces verts, de favoriser les rencontres habitants et d’améliorer surtout la qualité de l’air. Les commerces de proximité ont bénéficié de ces opérations avec une clientèle plus nombreuse et plus fidèle.
Pourquoi ne pas imaginer un encouragement aussi à l’utilisation de la monnaie locale, le LIEN, pour encourager la consommation locale de proximité et soutenir nos commerces indépendants.
À Bristol, au Royaume-Uni, la monnaie locale a permis de maintenir plus de 800 emplois. Je ne parlerai pas de l’expérience du campus de l’Université de Philadelphie aussi, qui a sa propre monnaie et qui fonctionne très bien.
Le commerce n’est pas qu’une question économique, c’est une question de société, d’écologie, de qualité de vie.
Nous avons tous à y gagner, Stéphanoise, Stéphanois, commerçants, associations, collectivités. Travaillons ensemble pour faire de Saint-Étienne une ville où l’on a envie de vivre, de consommer, de se rencontrer. Une ville où le commerce est un levier de transition économique et sociale.
Merci.
Seul le prononcé fait foi