Quartier du soleil – 15 rue du Soleil
Désaffectation, déclassement et vente d’un local municipal
Aujourd’hui, vous nous soumettez la vente à un particulier de locaux vacants appartenant à la ville. La question est surtout de comprendre pourquoi ces locaux, situés dans le quartier du soleil, ne sont plus utilisés par la ville. Je tiens à rappeler ici qu’auparavant, ces locaux étaient occupés par le service de domiciliation du CCAS. Si ces locaux sont devenus “vacants”, c’est parce que vous avez décidé d’abandonner les services publics de proximité. Sous vos 2 mandats, vous n’avez eu de cesse de réduire l’offre de proximité à la population, pour des raisons “d’optimisation”.
Nous ne partageons pas votre point de vue. Ce n’est pas en supprimant les antennes des services municipaux que les services rendus à la population sont de meilleure qualité, bien au contraire. Nous pensons que la population a de plus en plus de mal à accéder à des services publics de qualité. Digitalisation des services, fermeture des bureaux et mairie de proximité… vous avez réduit peu à peu les contacts humains. En 10 ans, le nombre de personnes sous le seuil de pauvreté à Saint-Etienne est passé de 21 à 28%. La preuve est faite, votre méthode n’est pas la bonne.
Tout au long de vos 2 mandats, nous avons entendu que c’était de la faute de l’état, de la faute de la région, de la faute du département et j’en passe. Le désengagement d’autres collectivités ne doit pas vous dédouaner de vos responsabilités.
Nous pensons qu’il est plus que jamais nécessaire d’aller vers la population, d’être physiquement au plus proche de chaque habitant. Nous pensons qu’il faut, au contraire, offrir une meilleure présence sur l’ensemble de la ville, jusque dans les quartiers les plus éloignés du centre-ville. L’expérimentation menée à La Ricamarie doit nous inspirer : en engageant la ville dans la démarche du “territoire zéro non-recours aux droits”, nous pourrions concrètement permettre à toutes et tous de mieux vivre au quotidien, et pour les plus précaires, de sortir de la spirale infernale de la pauvreté. Aujourd’hui, en France, les taux de non-recours aux principales aides et prestations sociales est alarmant : 32 % pour la complémentaire santé solidaire gratuite et jusqu’à 72 % pour la Complémentaire Santé contributive. Environ 30 % pour l’assurance chômage, 34 % pour le RSA et même 50 % pour le minimum vieillesse. Qu’en est-il à Saint-Etienne ? On est loin du mythe d’un assistanat généralisé défendu par votre camp.
Dans une ville où plus d’une personne sur 4 vit sous le seuil de pauvreté, nous ne pouvons pas continuer à éloigner la population des services publics. Au contraire : la ville se doit, plus que jamais, d’aller vers la population. Les services municipaux doivent être implantés au plus proche des lieux d’habitation, et ainsi offrir une meilleure protection aux habitantes et habitants. Une Ville se doit de faciliter le quotidien de toutes et tous.
Julie Tokhi, conseillère municipale écologiste